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Aujourd’hui le monde est mort [lost human genetic archive]

Hiroshi Sugimoto - Palais de Tokyo

Palais de Tokyo, Paris - du 25/04 au 07/09/2014

Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive ] est une nouvelle facette d’une exposition que Hiroshi Sugimoto élabore depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets, provenant d’époques et de cultures disparates, et ses œuvres photographiques. Les objets de sa collection sont ≪ ses doubles ≫ et sont indispensables à l’artiste en tant que sources d’enseignements qui lui permettent de renouveler son art. En se nourrissant de références au roman L’Etranger d’Albert Camus et aux objets ready-made de Marcel Duchamp, l’artiste a mis en scène un monde après la fin de l’humanité : une vision personnelle de l’Histoire vue depuis l’avenir. L’exposition est constituée d’une trentaine de scenarios, racontés par différents personnages fictifs : un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissent de préserver (ou non), pour le futur, leur patrimoine génétique individuel. Conçue comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture atypique du Palais de Tokyo, l’exposition est non seulement la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, mais c’est aussi un projet unique qui témoigne de son large champ d’activité, depuis la littérature jusqu’à l’architecture. Elle est à l’image de sa tentative de comprendre l’art et l’histoire humaine selon une vaste échelle temporelle qui dépasse largement celle de l’humanité, tout en incluant sciences, religion, économie… Vers ou se dirige cette humanité incapable d’empêcher sa propre destruction au nom d’une croissance aveugle ? Guidé par cette interrogation, Hiroshi Sugimoto laisse dériver son imagination et sa créativité a la rencontre du passe comme du futur.

Les récits

En référence à l’incipit de L’Etranger d’Albert Camus, « Aujourd’hui, maman est morte », chaque récit de la fin du monde débute par « Aujourd’hui, le monde est mort ». Sous la forme de testaments ou de dépositions adresses a des interlocuteurs futurs, un apiculteur constate la désertification du monde liée au comportement suicidaire des abeilles, un homme politique regrette que la poursuite du bonheur pour tous ait paradoxalement fini par mettre l’humanité en péril, et un chercheur spécialiste du génome humain avance que le manque d’imagination généralise causera l’extinction des civilisations. Avec une trentaine d’autres scenarios, ces récits reflètent les réflexions qu’éveillent, chez Hiroshi Sugimoto, les vestiges des civilisations anciennes et la vision imaginaire d’un avenir incertain. Cette conception de l’histoire humaine, écartelée entre le passe précédant la naissance de l’humanité et le futur qui suivra sa disparition, est illustrée par les photographies de paysages marins (Seascape) par lesquelles commence et se termine l’exposition. Les différents récits sont matérialisés par des assemblages de matériaux et des objets divers. Est ainsi constitue un paysage de ruines dénué de toute présence humaine, démontrant par la que rien n’est immuable en ce monde. Certains récits seront accompagnés par des masques – comme par exemple d’authentiques masques de no par lesquels l’acteur convoque sur scène l’âme du mort – symbolisant à la fois la frontière entre la vie et la mort, mais aussi la manière dont la spiritualité peut s’incarner dans des objets concrets.

HIROSHI SUGIMOTO
Né en 1948. Vit et travaille à Tokyo et New York. Parmi ses expositions personnelles récentes : « Revolution », Museum Brandhorst (Munich, 2012) ; « Hiroshi Sugimoto »,
LaM (Villeneuve-d’Ascq, 2012) ; « From Naked to Clothed », Hara Museum of Art (Tokyo, 2012) ; « Origins of Art, Architecture », Marugame Genichiro-Inokuma Museum
of Contemporary Art (Kagawa, 2011) ; « Hiroshi Sugimoto », Scottish National Gallery of Modern Art (Édimbourg, 2011). Il met également en scène performances et pièces
de théâtre : « Sugimoto Bunraku Sonezaki Shinju : Double suicide à Sonezaki », théâtre de la Ville (Paris, 2013) ; « SANBASO, Divine Dance – Mansai Nomura + Hiroshi Sugimoto », Solomon R. Guggenheim Museum (New York, 2013). Son champ d’activité s’étend à la littérature et à l’architecture.

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