Entretien avec Isabel Assunsolo

Éditrice du livre “Haïku mon nounours”

Les éditions L’iroli ont été créées en 2005 et font partie des Editeurs de Picardie. A ce jour, elles ont publié vingt-deux livres dont cinq en relation avec le Japon. Les éditions L’iroli sont nées dans le sillage de l’association LirEcrire, dont la mission est d’organiser à Beauvais, dans l’Oise, des évènements autour de la lecture et de l’écriture. Isabel Asunsolo est éditrice et responsable des éditions L’iroli. Nous lui avons demandé de nous présenter la maison d’édition L’iroli ainsi que le livre pour enfant « Haiku, mon nounours » dont la Fondation a soutenu l’édition.

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Qu’est-ce qui a motivé la création de votre maison d’édition ?

C’est un métier qui réunit connaissances techniques, économiques, littéraires et artistiques où on apprend sans cesse. Je trouve intéressant de chercher un contenant pour un contenu : le livre comme un objet. J’aime aussi réfléchir au sens de ce qui sera publié. Il y a une responsabilité. Le premier livre de L’iroli était un petit livre de poèmes pour enfants, Marmotades. Cinq ans plus tard, nous retrouvons ce domaine merveilleux de l’enfance. La poésie est une fenêtre sur la vie.

Que signifie Liroli ?

C’est le plaisir de lire au lit, le jeu de mots ! Il sonne bien dans plusieurs langues dont la mienne maternelle, l’espagnol. Mais j’ai cru comprendre qu’un mot à la sonorité proche désigne un genre de brasero dans les maisons de campagnes au Japon.

Quels ont été vos plus grands succès ?

Le livre Je marche seule, de Françoise Jaussaud, conseils pratiques pour la marche et la méditation en montagne... Cet auteur est en quelque sorte très proche de la façon qu’avait Bashô de voyager, avec très peu de choses. Et La Volière vide, très beau livre de haïkus de Thierry Cazals et Vincent Delfosse.

Comment est venue l’idée de Haiku mon nounours ?

Nous avons reçu un jour les textes de Gilles Brulet que nous avons aimés par leur simplicité. Parce qu’ils sont courts aussi, proches du haïku. Puis nous avons eu la chance de rencontrer Chiaki. Parmi la quarantaine de petits textes de Gilles, elle a choisi ses vingt textes préférés pour les illustrer.

Haiku mon nounours fait-il partie d’une collection ? Est-il unique dans votre collection ?

Pour l’instant, Haïkuma est unique. Mais ce sera peut-être le début d’une collection dans le même esprit, la même qualité et la même simplicité...

A quel public s’adresse-t-il ?

A des enfants qui découvrent la lecture, mais aussi à des enfants très petits. Ils peuvent écouter quand on leur lit les textes. La répétition du mot « nounours » leur plaît. Les enfants grands sont charmés par les dessins. Le livre s’adresse donc à des enfants à partir de deux ans, sans limite.

Pourquoi avoir fait un livre pour enfant mêlant romaji, hiragana et katana ?

Dans les rencontres dans les bibliothèques, les enfants sont très curieux. Lorsque les livres présentés sont bilingues japonais-français, ils cherchent à retrouver des mots qu’ils ont découverts dans les mangas qu’ils ont l’habitude de lire. C’est un formidable pont pour aller à la rencontre du haïku, cette poésie née au Japon et spécialité de L’iroli.

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A lecture du livre, on se demande comment travaillaient les auteurs ? Ensemble ou séparément ?

Dans la plupart des grandes maisons d’édition, les auteurs ne connaissent pas les illustrateurs, ils se rencontrent rarement. Nous avons la chance de prendre le temps des rencontres, d’avoir du plaisir à faire et à promouvoir spécialement chacun de nos livres.

Avez-vous d’autres projets éditoriaux en relation avec le Japon ?

Nous aimerions beaucoup, oui, dans le même style. Et j’aimerais apprendre le japonais, c’est prévu !

Avez-vous eu des difficultés particulières pour mener à bien ce projet ?

C’était difficile techniquement pour nous qui n’avions pas l’habitude des albums pour enfants. Nous faisons la maquette nous mêmes et le fait par exemple que les dessins sont coupés au bord des pages, demande une extrême précision. Aussi pour les couleurs, c’était particulier. Tsuchiya Masashi et Chiaki aussi nous ont bien aidés pour les traductions...

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En dehors de l’aspect financier, que vous a apporté l’aide de la Fondation ?

J’ai trouvé un enthousiasme quand nous leur avons présenté le projet. Une confiance aussi.

La Fondation Franco-Japonaise Sasakawa en un mot ?

Fenêtre.

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